LOUIS MARCOUSSIS (1883-1941)
(Ludwik Kazimierz Wladyslaw Markus)
1878 ou 1883 Łódź, Pologne - 1941, Cusset, France
(polonais/français)
Titre : Le Balcon (Dessin pour la planche I, Planches de Salut), 1930
Technique : Dessin original signé et daté à la main au crayon sur papier posé sur papier vélin
Format du papier : 30,8 x 40,3 cm / 12,1 x 15,8 in
Taille de l'image : 18 x 23,2 cm / 7,1 x 9,2 in
Informations supplémentaires : Ce dessin est signé à la main "Marcoussis" dans le coin inférieur gauche.
Il est daté à la main à côté de la signature "1930".
Il s'agit d'un dessin préparatoire pour la planche I de Planches de Salut, un livre de 13 gravures publié par Jeanne Bucher et imprimé par Lacourière, Paris, 1931.
Il s'inspire du poème "Le Balcon" de Charles Baudelaire, tiré de son célèbre recueil de poèmes, Fleurs du Mal.
Le vers 16 de ce poème "La nuit devenait dense comme un mur d'enceinte", apparaît dans la pge précédant la gravure dans le portfolio.
Le Balcon, de Charles Baudelaire
Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses,
O toi, tout mon plaisir, O toi, tout mon devoir !
Tu te souviendras de la douceur de nos caresses,
La paix du coin du feu, le charme des soirées.
Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses !
Les soirées éclairées par la lueur des charbons,
Les soirées sur le balcon, voilées de brume de rose ;
Comme ta poitrine était douce pour moi ! Comme ton cœur était bon !
On a souvent dit des choses impérissables,
Les soirées éclairées par la lueur des charbons.
Comme les couchers de soleil sont splendides les soirs de chaleur !
Comme l'espace est profond ! Comme le cœur est puissant !
En me penchant sur toi, reine des femmes adorées,
Je pensais avoir respiré le parfum de ton sang.
Comme les couchers de soleil sont splendides les soirs de chaleur !
La nuit devenait dense comme un mur d'enceinte,
Mes yeux dans l'obscurité ont senti le feu de ton regard
Et j'ai bu ton souffle, ô douceur, ô poison !
Et tes pieds se sont blottis dans mes mains fraternelles.
La nuit devenait dense comme un mur d'enceinte.
Je connais l'art d'évoquer les moments heureux,
Et revivre notre passé, ma tête posée sur tes genoux,
À quoi bon chercher votre beauté langoureuse ?
Ailleurs que dans votre cher corps et votre doux cœur ?
Je connais l'art d'évoquer les moments heureux.
Ces vœux, ces parfums, ces baisers infinis,
Vont-ils renaître d'un gouffre que nous ne soupçonnons pas,
Alors que des soleils rajeunis se lèvent dans les cieux
Après avoir été baigné dans les profondeurs des mers profondes ?
- Ô vœux ! Ô parfums ! Ô baisers infinis !
Traduit par : William Aggeler, The Flowers of Evil (Fresno, CA : Academy Library Guild, 1954)
Note : Marcoussis reprend la gravure au début des années 1930.
Dans Planches de Salut, avec une introduction de Tristan Tzara, Marcoussis rend hommage à ses écrivains préférés, tels que Baudelaire, Dostoïevski, Rimbaud, Shakespeare et Gérard de Nerval.
L'expression "planche de salut" signifie en argot "longue planche de salut".
Littérature : Milet, Solange. Louis Marcoussis : Catalogue raisonné de l'oeuvre grave. Copenhague : Forlaget Cordelia, 1991
Référence : Milet 67
État : très bon état. Quelques petites rousseurs, principalement dans les marges.