Paris : Sarazin, 1865.
Eau-forte avec gravure sur Chine collé monté sur papier vélin avec fausse plaque, 3 5/8 x 6 (92 x 152 mm) ; matrice 12 1/4 x 16 3/4 pouces (312 x 425 mm), pleines marges. Avec le cachet du collectionneur Pieter Willem Van Doorne à l'encre brune au verso (Lugt 4731). Avec quelques inscriptions au crayon dans les marges.
Né à Paris en mai 1813, on sait peu de choses sur les débuts de la vie personnelle de Charles-Émile Jacques. On sait cependant qu'il a commencé ses activités artistiques de manière non traditionnelle, ayant suivi une formation de graveur avant d'avoir une formation de peintre. Jeune homme, Jacques est apprenti chez un cartographe à Paris, et après le service militaire, où il sert comme cartographe, il part pour l'Angleterre, où il est employé comme graveur à La Charivari. Après deux années passées à Londres, Jacques rentre à Paris et fait ses débuts au Salon en 1833. Jusqu'en 1870, Jacques continue d'apporter chaque année au Salon des peintures et des gravures. C'est à l'occasion d'une grande épidémie de choléra qui sévit à Paris au milieu du XIXe siècle que la carrière de Jacques connaît une étape de croissance importante. Jacques, qui vivait et travaillait à Paris à l'époque, décida de déplacer sa famille de la ville, qui était complètement assiégée par la maladie, et de fuir pour la forêt vierge de Fontainebleau. Il s'est retrouvé entouré de sujets pastoraux et a été profondément ému et inspiré par la beauté et la simplicité non idéalisée du paysage bucolique des forêts, qui servaient autrefois de réserve non cartographiée aux rois et à leurs groupes de chasseurs royaux. Jacque s'installe à Barbizon, aux abords de la forêt de Fontainebleau, avec son ami et confrère en arts, Jean-François Millet. Les deux hommes font partie de la première génération d'artistes qui s'installent dans cette région, et c'est là que l'école de Barbizon trouve ses origines. Jacques peint à Barbizon jusqu'en 1854, trouvant son inspiration dans les tableaux bucoliques de bergers et de leurs troupeaux, de porcheries, de volailles et de paysans. Il a peint avec un réalisme tendre et une appréciation authentique. L'inspiration artistique de Jacques ne se limite pas à Barbizon, elle l'amène à s'intéresser à la spéculation foncière et à l'élevage de volailles, sujet dont il s'imprègne à tel point que son enthousiasme donne naissance à un ouvrage sur la question, Le Poulailler, monographie des poules indigentes et exotiques, publié en 1848. Jacques quitte Barbizon en 1854 et continue à peindre dans les environs de Paris jusqu'à sa mort à l'âge de 81 ans.
Note sur la provenance :
PIETER WILLEM VAN DOORNE (Amsterdam 1896-Vreeland ? 1971), avocat, Vreeland. Gravures et dessins.
Pieter van Doorne a étudié le droit à Amsterdam, où il a exercé en tant qu'avocat et procureur à partir de 1924. Il a également été Doyen de l'Ordre néerlandais des avocats (Nederlandse Orde van Advocaten). À partir de 1956, il a vécu à Vreeland.
Van Doorne a commencé à collectionner dans les années 1940. Il rassemblait principalement des estampes de maîtres anciens de l'école hollandaise du XVIIe siècle ; il possédait notamment l'œuvre graphique presque complète de Cornelis Bega, Herman Naiwincx et Thomas Wijck.
Cependant, ne voulant pas se limiter à un seul sujet ou à une seule période, comme il l'indique dans une lettre à Frits Lugt datée du 20 août 1968, il a acquis non seulement des estampes du XVIe au XXe siècle provenant de différentes écoles, mais aussi des gravures sur bois japonaises (archives de la Fondation Custodia). Ainsi, il possédait des feuilles de Hollar et de Stefano della Bella, auxquelles il faut ajouter des estampes françaises du XIXe siècle, comme de nombreuses planches de Daumier, de rares impressions de Bresdin, et des feuilles d'artistes alors peu connus, comme Adolphe Appian, Jacques Beurdeley et Gabrielle Marie Niel. Enfin, dans sa lettre, Van Doorne note que si sa collection était avant tout une collection d'estampes, il lui arrivait d'acheter des dessins de jeunes artistes néerlandais. Au moment où il prend contact avec Lugt, il possède près de 3 000 feuilles. Pour affiner sa collection, il lui arrivait de vendre aux enchères des tirages anonymes.
En 1947, avec B. Kist et H.C. Molster, Van Doorne fonde une association de passionnés d'imprimerie : le *Amsterdamsche Prentkring*. Les collectionneurs se réunissaient régulièrement chez les uns et les autres ou au Rijksprentenkabinet pour échanger leurs points de vue sur les arts graphiques. Lors d'une exposition organisée en 1955, qui réunissait une sélection d'œuvres collectionnées par les membres de cette société, Van Doorne a eu l'occasion de prêter 42 estampes (voir bibliographie). À partir de 1967, il a été président du conseil d'administration de la Rembrandthuis. En 1970, une exposition de sa collection d'estampes françaises du XIXe siècle - présentée avec celle de R. Wartena - a été organisée au Rijksprentenkabinet d'Amsterdam.
Sa marque de collection, constituée des initiales vD, a été créée par Theo Laurentius en 1968. Après sa mort, deux ventes d'estampes de sa collection ont eu lieu : l'une en 1972 et l'autre en 1976.
-Fritz Lugt.