Nancy, en plein air, en juillet XX : parmi les Français Plantes
Photogravure, aquatinte et outils électriques à partir de trois plaques de cuivre
1981
Signé « Jim Dine » en bas à gauche (voir photo)
Daté en bas à gauche
Annoté « A/P » en bas à droite (voir photos)
Édition : 8 exemplaires d'art, celui-ci faisant partie des 8 exemplaires d'art
Imprimé deux fois en noir et une fois en orange
Imprimeur : Atelier Crommelynck
Publié par Aldo Crommelynck
Représente l'épouse de l'artiste, Nancy Dine (1937-2020)
Condit : Excellent
Dimensions de l'image/de la planche : 23 x 19 1/2 pouces
Dimensions de la feuille : 29 7/8 x 22 pouces
Référence : D'Oench et Feinberg, p. 101
Provenance : Don de l'Artistics
« Nancy Outside in July XX : Among French Plants » (1981) de Jim Dine : portrait, nature morte et symbolisme personnel
Parmi les estampes les plus lyriques et les plus intimes réalisées par Jim Dine au début des années 1980 figure *Nancy Outside in July XX: Among French Plants* (1981), une œuvre qui mêle portrait, nature morte, paysage et autobiographie. Réalisée à une époque où Dine vivait et travaillait principalement en France, cette estampe s'inscrit dans un ensemble plus vaste d'œuvres inspirées par son épouse, Nancy Dine, ainsi que par les jardins, les plantes et les intérieurs qui occupaient de plus en plus son imagination artistique. Cette image illustre la remarquable capacité de Dine à transformer son expérience personnelle en une réflexion universelle sur la mémoire, l'observation et le passage du temps.
Né à Cincinnati, dans l'Ohio, en 1935, Jim Dine s'est imposé comme l'un des artistes américains les plus novateurs de l'après-guerre. Après avoir étudié à l'université de Cincinnati et à la School of the Museum of Fine Arts de Boston, il s'est installé à New York en 1958, où il s'est associé au mouvement des « happenings » aux côtés d'artistes tels qu'Allan Kaprow et Claes Oldenburg. Bien qu'elle soit souvent associée au Pop Art, l'œuvre de Dine se distinguait considérablement de celle d'Andy Warhol, de Roy Lichtenstein et d'autres artistes pop. Plutôt que de s'approprier des images issues de la culture de masse, Dine a développé un vocabulaire profondément personnel composé de motifs récurrents — notamment des peignoirs, des cœurs, des outils, des fleurs, des figures de Vénus et des Self-Portraits — qui faisaient office de symboles émotionnels et autobiographiques.
À la fin des années 1970 et au début des années 1980, Dine s'était installé en France, et la culture européenne prit une place de plus en plus importante dans son évolution artistique. Les jardins et les paysages qui entouraient sa demeure française ont été une source d'inspiration pour de nombreux dessins, peintures et gravures. Au cœur d'un grand nombre de ces œuvres se trouvait Nancy Dine, qui était non seulement la compagne de l'artiste, mais aussi sa muse récurrente. « Nancy Outside in July XX : Among French Plants » fait partie de cet univers visuel profondément personnel.
La composition représente Nancy au milieu d'un cadre luxuriant, composé de végétation et de plantes à fleurs. Contrairement à un portrait classique, cependant, le personnage s'intègre aux formes naturelles qui l'entourent. Dine estompe la distinction entre le format portrait et le format paysage, permettant ainsi à la végétation de devenir une extension du sujet lui-même. Il en résulte une œuvre qui évoque à la fois l'intimité d'un souvenir personnel et la tradition intemporelle du portrait de jardin.
Cette estampe témoigne de la fascination de Dine pour l'observation, vue à travers le prisme du souvenir. Plutôt que de rechercher la précision photographique, il transforme la scène grâce à un dessin expressif, à des textures superposées et à des traits gestuels. Les plantes prennent vie grâce à des lignes énergiques et à des aplats denses de couleur ou de ton, tandis que la présence de Nancy apporte un ancrage émotionnel à la composition. Cette image traduit non seulement un instant précis dans le temps, mais aussi l'attachement de l'artiste pour son sujet et son environnement.
Cette fusion entre la figure humaine et la flore relie cette estampe à l'exploration plus large de la nature morte menée par Dine. Tout au long de sa carrière, Dine est revenu à maintes reprises sur les fleurs, les plantes, les outils et les objets du quotidien. Contrairement aux peintres de natures mortes traditionnels, qui mettaient souvent l'accent sur la composition et l'harmonie formelle, Dine considérait les objets comme des vecteurs de sens personnel. Ses fleurs ne sont pas des études botaniques, mais des symboles émotionnels ; ses outils rappellent la quincaillerie de son grand-père ; ses peignoirs font office de Self-Portraits. De même, les plantes de « Nancy Outside » en juillet XX sont à la fois des formes observées et des vecteurs de mémoire et d’expérience.
Les historiens de l'art ont souvent décrit les natures mortes de Dine comme une synthèse entre représentation et expression. L'artiste admirait à la fois les modernistes européens et la liberté gestuelle de l'expressionnisme abstrait. Par conséquent, même ses images les plus reconnaissables sont animées par un trait vigoureux et un engagement physique vis-à-vis du support. À Nancy, dans le cadre de l’exposition « Outside » du XX juillet, la surface devient le témoignage d’un processus artistique. Le spectateur perçoit non seulement le sujet représenté, mais aussi la main de l'artiste, qui ne cesse de façonner et de remodeler l'image.
Cette œuvre témoigne également de l'engagement de longue date de Dine en faveur de la gravure en tant que forme d'art à part entière. À partir des années 1960, il a réalisé des collaborations avec de grands ateliers d'impression aux États-Unis et en Europe, contribuant ainsi à élargir les possibilités expressives de la lithographie, de l'eau-forte, de la gravure sur bois et des techniques d'impression mixtes. Plutôt que de considérer les estampes comme des reproductions de tableaux, Dine abordait chaque édition comme un projet créatif unique. Les textures riches et les images superposées de *Nancy Outside in July XX* illustrent parfaitement cette philosophie.
Les collections muséales contenant des tirages de l’œuvre de Nancy Outside intitulée « Juillet XX : Parmi les plantes françaises » sont relativement rares, ce qui reflète la nature spécialisée de la production graphique de Dine et les tirages relativement limités de nombre de ses estampes. On dispose d'exemplaires documentés grâce aux collections institutionnelles d'estampes et aux catalogues d'exposition consacrés à l'œuvre graphique de Dine. Cette œuvre a été incluse dans des rétrospectives consacrées aux estampes de Dine ainsi que dans des expositions explorant son rapport à la Nature, son parcours personnel et ses motifs récurrents. Ce sujet est également abordé dans le contexte plus large de la période française de l'artiste, au cours de laquelle les jardins, les fleurs et les scènes domestiques intimes ont pris une place de plus en plus importante.
Au sein de l'œuvre de Dine, *Nancy Outside in July XX : Among French Plants* occupe une place importante, car cette œuvre réunit plusieurs de ses thèmes de prédilection : le portrait, la mémoire, la nature morte, le paysage et le symbolisme personnel. Cette estampe transforme un instant en apparence banal — une silhouette se tenant debout au milieu de plantes estivales — en une réflexion aux multiples facettes sur l'amour, le lieu et la perception artistique. Alliant un trait expressif à une intensité émotionnelle immédiate, cette œuvre montre pourquoi Dine reste l'un des artistes graphistes les plus importants des XXe et XXIe siècles.
Aujourd'hui, cette estampe témoigne de la conviction de Dine selon laquelle les sujets les plus familiers peuvent être à l'origine de découvertes artistiques profondes. En représentant Nancy au milieu de la végétation luxuriante d'un été français, il a créé une image à la fois intime et universelle, ancrée dans son expérience personnelle tout en faisant écho à des thèmes plus larges tels que la croissance, la mémoire et la relation durable entre l'humanité et la Nature.
Sélection d'œuvres graphiques de Jim Dine issues des collections des musées
Musée d'art moderne
(a) Gallery of Art
Musée britannique
(a) Gallery of Victoria
Musée de l'Albertina
Bourse associée
Les gravures de Nancy sont généralement abordées dans le cadre des études consacrées à l'imagerie autobiographique de Dine et à ses années passées en France. Des chercheurs tels que MarCo Livingstone, Klaus Kertess et Elizabeth Carpenter ont souligné la manière dont les images de Nancy, de fleurs et de jardins réalisées par Dine mêlent le portrait et la nature morte, transformant ainsi les sujets observés en symboles de mémoire, d’affection et d’identité artistique. Cette série marque également une transition entre les motifs les plus emblématiques des années 1960 et 1970 et l'imagerie de plus en plus personnelle et lyrique qui caractérise une grande partie de l'œuvre de Dine à partir des années 1980.