Très rare portrait de 6 chiens sur céramique émaillée Maison Pichenot-Loebnitz
Émaux, céramique
France, vers 1875.
25 x 8 (31 x 13 encadré) pouces
Ce panneau rectangulaire en céramique émaillée a été réalisé par Jules Loebnitz dans la seconde moitié du XIXe siècle et représente une suite de six canidés très fins dans un paysage.
L'usine Pichenot-Loebnitz a été fondée par M. Pichenot, grand-père de Jules Loebnitz, en 1833. Dès 1841, M. Pichenot crée une nouvelle méthode innovante de panneaux de faïence incassables pour les cheminées d'architecture, ce qui lui vaut une médaille à l'Exposition de 1844.
En 1857, Jules Loebnitz, artiste autant qu'industriel, devient directeur de l'usine. Pour son premier grand chantier, Loebnitz collabore avec passion avec l'architecte Félix Duban à la restauration du château de Blois, en recréant les carreaux anciens des cheminées.
Il travaille ensuite avec les architectes les plus en vue de son époque : Eugène Viollet-le- Duc, Garnier, Charles Garnier, Just Lisch et Paul Sédille. Entre Paul Sédille, l'architecte des grands magasins du Printemps et de la basilique du Bois-Chenu à Domrémy-la-Pucelle, et Jules Loebnitz naît en 1867 une amitié qui débouchera sur une étroite et durable Collaboration professionnelle, artistique et intellectuelle.
Il s'agit d'une rencontre importante entre le théoricien de l'architecture polychrome et l'homme qui a considérablement fait progresser l'art céramique français en permettant la réalisation de grandes assiettes en faïence émaillée, décorées de couleurs très vives et durables, semblables à celles du verre. De nombreux projets architecturaux sont nés de la Collaboration de Sédille et Loebnitz : Pavillons d'expositions universelles, immeubles d'habitation, villas, hôtels, monuments.
Lors de la Grande Exposition de 1878, Paul Sédille réalise la porte du Palais des Beaux-arts, tandis que Jules Loebnitz est chargé de la décoration céramique de la façade. Un journaliste couvrant l'exposition universelle de 1878 a décrit la porte monumentale du pavillon des Diptych Fine Arts dans les termes suivants : "Rien n'est plus beau que la porte monumentale de l'entrée des Beaux-Arts faite par M. Loebnitz et dessinée par M. Sédille... tout y est grandiose, avec un décor élégant et artisanal...". En effet, cette collaboration de Sédille et Loebnitz a été récompensée par une médaille.
Avec des commandes de plus en plus nombreuses, Loebnitz assisté de son fils Jules-Alphonse depuis 1880, réalise entre autres les décors des gares du Champs de Mars et du Havre, le théâtre de Monte-Carlo, les carreaux de la coupole du monument Jeanne d'Arc à Rouen et Jules Loebnitz triomphe à nouveau dans de nombreuses expositions industrielles et décoratives.
À sa mort en 1895, Sédille fait construire un tombeau au cimetière du Père Lachaise à Paris pour son ami.
L'entreprise a continué à exceller avec Jules-Alphonse, le successeur de Jules. Par exemple, à la Foire de 1900, il présente une fontaine entourée d'un kiosque, fruit de sa propre Collaboration avec Paul Sédille.
La dépression de 1929 et la concurrence intense de la céramique industrielle ont contraint l'entreprise à fermer ses portes en 1935.