Armand Manago Guerin (français, 1913-1983)
Montmartre sous la neige, Paris
Huile sur masonite
Signé en bas à droite
18.25 x 21.5 pouces
25 x 28.75 pouces, encadré
Le peintre connu sous le nom d'Armand Manago Guérin (1913-1983) est né à Paris et a grandi au sein d'une famille d'artistes prospères. Son père, Vincent Manago (1880-1936), et son frère aîné, Dominique Manago, étaient tous deux des artistes respectés, mais ils peignaient dans des styles radicalement différents, si éloignés de celui d'Armand que celui-ci utilisait Guérin comme nom de famille lorsqu'il signait ses œuvres.
Il entre à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris où il étudie avec Jean-Pierre Laurens, jusqu'en 1939. Il est répertorié dans Bénézit ainsi que dans d'autres recueils d'art et est une figure notoire du style de l'école naïve française. (Un groupe qui comprend Cezanne, Van Gogh, Rousseau, Gauguin).
En 1947, il a épousé Marianne Grunberg-Manago, qui est devenue par la suite une scientifique renommée dans le domaine de la biologie moléculaire. Comme ils le disaient tous les deux, pour devenir un bon scientifique, il faut aussi être un artiste et pour devenir un bon artiste, il faut aussi être un scientifique...
Pendant la Seconde Guerre mondiale et l'occupation de la France par l'Allemagne, il est pris dans un raid en 1944 et est envoyé au camp de concentration de Buchenwald et au kommando des mines de sel de Stassfurt. Il y recrée chaque jour une vue de Paris, en imagination. Par chance, il échappe plusieurs fois à la mort, notamment lorsqu'un soldat SS lui brise son fusil sur le dos pour le punir d'une erreur insignifiante. Survivant à une marche de la mort où des milliers de prisonniers sont morts, il est finalement libéré par les Russes en mai 1945. Il pesait alors moins de 32 kilos.
Il réfléchit sur la peinture et, peu à peu, en vient à refuser la perspective occidentale de Léonard de Vinci (depuis la Renaissance) pour adopter celle des primitifs, comme l'ont fait d'autres peintres contemporains, tels que le Douanier Rousseau, Bombois ou Beauchamps. Comme tous ces peintres, il préfère être qualifié de "primitif moderne" plutôt que de naïf.
L'œuvre de Guérin, c'est aussi la tendresse parisienne, un Paris rêvé, recomposé, parfois même imaginé. Ce regard frais et joyeux sur cette capitale, ses quais, ses péniches, ses monuments, une vieille voiture et cette jeune fille qui attend son amoureux, n'est pas l'approche habituelle des peintres naïfs auxquels il est souvent assimilé.
Quelques lieux d'exposition :
1946 : Exposition à la galerie Clausen - Paris
1948 : Exposition à la galerie Boudy - Paris
1948 : Exposition à Tokyo
1956-1972 : expositions à Caracas, Londres (Malborough Gallery), Milan (Finarte Gallery), New York (Duvien, Level, Far... Galleries), Bruxelles (European Gallery), Genève (Ferrero Gallery), Los Angeles, Stockholm, Düsseldorf (Gallery Nibelung)
1972 : Musée d'art du Petit Palais - Genève
1972-1974 : Florence - Milan
1976 : Brésil
1982 : Exposition à la galerie Verrière - Lyon
1983 : Exposition à la mairie de Villeurbanne, aux galeries Guiot et Marcel Bernheim (Paris), à la galerie Jan de Moere (Bruxelles)
1999 : Exposition au Krannert Art Museum - Urbana (USA)