Aquarelle sur papier du début du 20e siècle représentant une figure féminine classique par l'artiste français Paul Hogg. Signé et daté 1919 en bas à droite. Présenté dans un beau cadre personnalisé avec montage.
Une représentation fraîche et légère d'une figure féminine classique dansant, peut-être l'une des Muses. Les bras en l'air, les paumes tournées vers le haut, le cou incliné et les robes fluides, il y a un grand mouvement dans cette image. Le personnage passe d'un pied à l'autre, manifestement engagé dans une danse traditionnelle. L'utilisation astucieuse de l'ombre derrière fait ressortir la figure en blanc, posée sur un magnifique bleu ciel et encerclée d'aubergine. L'encerclement de la figure rappelle les médaillons décoratifs que l'on trouvait au-dessus des portes et qui ornaient les murs à l'époque romaine, mais le style et l'époque de cette aquarelle sont ceux de l'Art nouveau.
Il s'agit d'une œuvre de jeunesse de l'artiste, qui pourrait être un dessin pour une peinture ou un projet de plus grande envergure.
Un tableau tout à fait charmant et l'une des trois œuvres similaires de Paul Hogg disponibles sur 1stdibs qui ferait un bel ensemble.
Né à Herisau mais originaire de Fribourg, Paul Hogg a grandi sur les bords de la Sarine avant de s'inscrire au Technicum cantonal. Il s'y sent rapidement à l'étroit et, en 1910, part pour Paris en compagnie du peintre Anton Schmid. Il étudie d'abord à l'École nationale supérieure des arts décoratifs, puis avec Fernand Cormon à l'École des beaux-arts, dans la même classe que le Russe Chaïm Soutine. Hogg est nommé membre du Salon d'Automne en 1924 ; parallèlement, il expose régulièrement au Salon des Tuileries et au Salon des Indépendants. Il a également effectué de nombreux séjours à Tunis, ainsi qu'en Algérie et en Libye. En 1926, il épouse Berthe Affagard, une artiste dramatique dont le nom de scène est Simone Fargette. En 1937, il reçoit le grade de Chevalier de l'Ordre de l'Alaouite Ouissam, équivalent de la Légion d'Honneur, pour son travail au Maroc. À l'aube de la Seconde Guerre mondiale, il quitte Paris et s'installe en Provence, à Sanary-sur-Mer. Il y côtoie Eugène Baboulène, Yves Brayer, Léonard Foujita. Il fréquente également Ossip Zadkine. Cependant, il revient régulièrement exposer à Fribourg, notamment avec la section locale de la Société des peintres, sculpteurs et architectes suisses, au Salon permanent du Capitole, ainsi qu'au Musée d'art et d'histoire.
Avant même de connaître l'Afrique du Nord et l'ocre de ses dunes, Hogg donnait déjà à ses couleurs des accents méditerranéens. Peintre du soleil, il utilise peu de couleurs froides et donne à ses toiles une texture veloutée qui semble résulter des vibrations de la lumière. Malgré son amour pour les paysages du Sud, il reste attaché au canton de Fribourg, où il revient chaque été, et affectionne particulièrement la Gruyère, dont il peint inlassablement les paysages verdoyants. Si ses œuvres sont si intimes, c'est qu'il préfère la peinture de chevalet aux grands formats d'atelier. En marge des grands mouvements picturaux, Paul Hogg s'est brièvement essayé au cubisme dans le sillage d'André Lhote, mais y a rapidement renoncé pour revenir à une peinture plus traditionnelle. Il est plus proche des peintres de la Réalité poétique, Roland Oudot, Maurice Brianchon et Jules Cavaillès. Outre les paysages méditerranéens et gruériens qu'il affectionne particulièrement, Hogg aime mettre en scène des natures mortes et la représentation de personnages, d'autoportraits, de baigneuses et de femmes berbères.