Serge de Vries, artiste néerlandais
Intérieur avec secrétaire
90 x 70 cm
Huile sur toile
Une cruche, un sucrier, un sachet de thé… Autant d’objets que nous manipulons sans y prêter attention au quotidien, mais que le peintre néerlandais Serge de Vries nous invite à regarder d’un œil nouveau. Avec toute notre attention, car c'est bien de cela qu'il s'agit.
Serge de Vries, artiste néerlandais
Au cours de ses études à l'Académie des Beaux-Arts d'Utrecht, aux Pays-Bas, on a dit à Serge de Vries qu'il n'avait pas le droit de peindre « trop joliment ». « Lors des évaluations, on me reprochait souvent : “Ton travail est trop esthétique.” » C'était dans les années 90, une époque où le réalisme n'était pas la norme à l'académie. « À l'époque, l'art abstrait et l'art conceptuel dominaient. » Après avoir obtenu son diplôme en 1995, cet artiste originaire d'Apeldoorn a commencé à développer son propre style réaliste. « J'ai commencé par allier abstraction et réalisme. » Dans mes éclaboussures de peinture abstraites, on pouvait parfois distinguer un objet, presque dissimulé. Peu à peu, j'ai commencé à adopter un style plus réaliste. « En fin de compte, je souhaite dépeindre la réalité aussi fidèlement que possible – c’est mon objectif. »
Objets isolés
Serge de Vries peint régulièrement un objet isolé sur un fond vide, détaché de son contexte quotidien. « Ça a commencé comme un exercice », explique-t-il. « Je me suis dit : si je veux apprendre à peindre de manière réaliste, je ferais mieux de commencer par une chose à la fois, un objet à la fois : une pomme, un citron. » « C'est comme ça que j'ai appris à vraiment les peindre. »
Espaces et paysages
Outre les objets du quotidien, Serge peint également des espaces et des paysages. « Je suis de plus en plus fasciné par l'atmosphère. » Ce n'est pas seulement la façon dont la lumière se projette qui me fascine, mais aussi cette question : à quoi cela ressemblerait-il à cet endroit ? Fait-il chaud, froid, est-ce agréable ou désagréable ? « Je veux capturer cette émotion. » Pourtant, il reste fidèle à son goût pour la simplicité. « Tant de choses peuvent se passer dans un seul objet. »
Jouer avec la lumière et la mise au point
Serge de Vries sait parfaitement comment donner vie à un objet peint ou à un intérieur. Un élément important à cet égard est le point de lumière, c'est-à-dire l'endroit où la lumière est réfléchie le plus intensément. « Le point culminant est la partie la plus blanche du tableau. » « Je peins ça en dernier ; c'est la touche finale. » Il choisit également de « mettre au point » certaines parties du tableau, à la manière d'un appareil photo. « Je rends les éléments moins importants plus flous et plus vagues, tandis que je définis les éléments les plus importants avec précision. »
Couleurs complémentaires
« Ma palette de couleurs est très simple : le blanc et les couleurs primaires, à savoir le rouge, le jaune et le bleu. » Je ne cesse d'être étonné de voir qu'on peut obtenir toutes les autres couleurs à partir de ces trois-là. « C'est incroyable, non ? » Avant de commencer à peindre, Serge mélange d'abord les couleurs les plus importantes du tableau ; ces formes ne sont que des raccourcis. Il utilise ces raccourcis pour mélanger les couleurs intermédiaires. « La couleur de l’objet lui-même est plus pure que celle de l’ombre et de l’arrière-plan, que j’atténue en y ajoutant une couleur complémentaire. » L'alternance de couleurs contrastées et de couleurs presque pures crée une impression de profondeur.
Précision et imprécision
Une autre technique utilisée par Serge de Vries consiste à alterner entre précision et liberté. « Si je devais peindre un tableau entier de manière approximative, ça ne marcherait pas. » Mais j'applique bien cette technique à un fragment ou à une section. L'alternance entre des coups de pinceau précis et des traits plus libres confère au tableau vivacité et espièglerie. « C'est ma marque de fabrique. »
La perfection absolue
« Parfois, je me dis : si je faisais moins d’efforts, les gens ne s’en rendraient probablement même pas compte », dit-il. « Mais ce n’est pas le cas. » « Ce qui compte pour moi, c’est de trouver le bon ton, de mélanger les bonnes couleurs et d’obtenir les bonnes proportions, pour que le résultat ressemble exactement à la réalité : je dois croire en ce que je vois sur la toile. » Et pour que le spectateur porte un regard neuf sur le monde qui l'entoure. « Et avec attention, car c’est ça qui compte avant tout. »