En 1930, Maxfield Parrish s'est consacré exclusivement à la peinture de paysages. « Cascades » est un bel exemple du style qui a marqué la fin de sa carrière. La composition représente un vallon rocheux féérique, flanqué de deux arbres imposants, avec une étendue d'eau scintillante au premier plan. Il a été publié en 1962 par Brown and Bigelow, une entreprise spécialisée dans les calendriers et basée dans le Minnesota, sous le titre *Quiet Solitude*. Parrish s'était associé à l'entreprise en 1936, après avoir mené à bien son dernier projet de calendrier pour General Electric, à condition qu'il soit libre de peindre des paysages.
Cette scène, rendue avec une grande minutie, témoigne des talents exceptionnels de Parrish en tant que coloriste. Sa technique caractéristique, qui consiste à superposer de fines couches de glacis colorés sur un fond blanc, confère à la surface sa luminosité caractéristique, donnant l'impression que la lumière traverse le pigment. Parrish rend compte du délicat équilibre entre la lumière et les ombres grâce à une riche palette de vert forêt profond et de bleu cobalt, ponctuée de touches d'orange et d'aigue-marine, et ancrée par les bruns chauds des troncs d'arbres et des rochers escarpés. Il en résulte une scène empreinte d'une douce luminosité.
Cette maîtrise de la couleur lui devait beaucoup à deux voyages déterminants : d'abord en Arizona en 1901, où la lumière spectaculaire du Sud-Ouest l'avait profondément marqué, puis en Italie en 1903, où il avait étudié avec attention les tons plus subtils et plus terreux des paysages méditerranéens. Parrish estimait qu’un grand tableau de paysage devait transporter complètement le spectateur : « Ces qualités qui nous enchantent dans la nature — le sentiment de liberté, l’air pur et la lumière, la magie de la distance et la beauté intense des couleurs — doivent être exprimées de manière convaincante et transporter le spectateur sur les lieux mêmes. » (Coy Ludwig, Maxfield Parrish, New York, 1973, p. 175.)
« Cascades » témoigne également de la décision délibérée de Parrish de s'orienter vers un format plus petit au cours de ses dernières années. Après avoir principalement travaillé au format 30 x 24 pouces au début des années 1930, il s'est orienté vers le format 22 1/2 x 18 pouces, une échelle qui convenait parfaitement à la précision cristalline de ses paysages de maturité, conférant ainsi davantage d'intimité à leurs sujets aux détails minutieux.
EXPOSÉ
Chadds Ford, Pennsylvanie, Brandywine River Museum, Maxfield Parrish:Master of Make-Believe, 1974,no. 61, p. 33 (intitulé Quiet Solitude)
LITTÉRATURE
Coy Ludwig, Maxfield Parrish, New York, 1973, n° 847, p. 185, illustré et p. 214 (intitulé Quiet Solitude et daté de 1962)
Année : 1959
Dimensions : 23" x 18,5"
Médium : Huile sur panneau
Signature : Signée « en bas à droite » ; signée, intitulée et datée au verso