Huile sur papier marouflée sur toile, signée et datée, du peintre impressionniste français Maximilien Luce. L'œuvre représente une vue de la mer à Honfleur, une commune du département du Calvados, dans le nord-ouest de la France. Le soleil se couche au-delà des bateaux qui naviguent à l'horizon et crée des ombres violettes et bleues sous les nuages qui remplissent le ciel.
Dimensions :
Encadré : 25 "x29"
Sans cadre : 18 "x22"
Provenance :
Sotheby's - New York - 13 janvier 1966
La littérature :
Cette œuvre est incluse dans le Tome II du catalogue rasionne de Maximilien Luce par Denise Bateaux - No. 1805, P. 437
Maximilien Luce entre en apprentissage chez le graveur sur bois Henri Théophile HENRY en 1872, et étudie parallèlement le dessin en cours du soir. En 1876, après avoir obtenu son diplôme de graveur, il entre dans un atelier où sont gravées des illustrations pour de nombreuses revues françaises et quelques périodiques étrangers. Il se rend à Londres en 1877, où il vend quelques dessins au magazine Graphic. De retour à Paris, il est appelé au service national en 1879, d'abord en Bretagne, puis à Paris, où il peut poursuivre sa carrière de graveur. Pendant son service militaire, il suit les cours de Carolus Duran, probablement à l'académie suisse, et travaille à l'École de dessin des Gobelins. Il était principalement autodidacte à partir de ses observations de la nature, et a également reçu des conseils de son ami Camille Pissarro. En 1887, il adhère à la Société des Artistes Indépendants et participe à leurs expositions, avant-gardistes à l'époque. Il expose également avec le Groupe des Vingt à Bruxelles en 1889 et 1892.
Dans sa jeunesse, les événements de la Commune de Paris l'avaient marqué et il collabora à des publications anarchistes comme Le Père Peinard, fondé en 1889, dont il dessina la couverture, La Feuille de Zo d'Axa, et Le Chambard de Gérault-Richard. Il a également travaillé sur L'Assiette au beurre, Les Hommes d'aujourd'hui, L'Illustration, La Révolte, Les Temps nouveaux.
En 1894, il est impliqué dans le Procès des Trente, ce qui lui vaut une peine de prison. Ces événements ont inspiré une collection de lithographies intitulée Mazas. Il se réfugie ensuite à Charleroi en Belgique. À partir de 1920, il est actif dans la région de Rolleboise.
Il devient président de la Société des Artistes Indépendants, en tant que successeur de son ami Signac après sa mort en 1935. Il renonce à sa présidence au début de l'occupation allemande pour protester contre l'interdiction faite aux artistes juifs d'exposer. Il correspond avec de nombreux autres peintres, dont Charles Angrand, Georges Seurat, Théo Van Rysselberghe et son ami Louis Valtat.
Avec Seurat et Signac, il est l'un des fondateurs de l'école néo-impressionniste, basée sur l'étude scientifique de la lumière et l'analyse de la décomposition des couleurs. Il a ainsi utilisé la technique du divisionnisme ou du pointillisme, en utilisant des points de couleur individuels pour interpréter la complexité de la composition des couleurs, tout en préservant leur éclat et en définissant la lumière et l'ombre des éléments du tableau. Lors de son séjour en Belgique, il contribue à l'implantation du néo-impressionnisme hors de France. Pointilliste rigoureux pendant de nombreuses années, il adopte ensuite une technique plus détendue et plus fluide, que l'on retrouve dans ses paysages de Rolleboise, s'éloignant de la rigueur du néo-impressionnisme et revenant à un style impressionniste tardif.
La majorité de ses œuvres sont des paysages, principalement de France. Il a peint un plus petit nombre de paysages urbains, souvent des quartiers populaires, et a souvent peint la nuit, donnant ainsi un aperçu du monde du travail à cette époque. Ses personnages le distinguent des autres néo-impressionnistes, car il souhaite sincèrement partager les soucis et les difficultés du peuple, et le montre dans les attitudes des routiers, des dockers et des ouvriers du bâtiment qui vaquent à leurs occupations quotidiennes.
Parmi les expositions individuelles et les rétrospectives de son œuvre, citons : 1966, Palais des Beaux-Arts, Charleroi ; 1977, Musée Toulouse-Lautrec, Albi ; 1983, Musée Marmottan, Paris ; 1987, Musée Pissarro, Pontoise ; 1995, Maximilien Luce (1858-1941) : Maximilien Luce (1858-1941) : peintre anarchiste, Charleroi ; 2000, Maximilien Luce. Peindre la condition humaine ( Maximilien Luce. Peindre la condition humaine), Musée de l'Hôtel-Dieu, Be.Jolie.
Fonds de musées et de galeries :
Fécamp (Mus. des Arts et de l'Enfance) : La Meuse à Rotterdam (1908, huile/carte)
Genève (Petit Palais) : Vue de Paris depuis Montmartre (1887) ; Camaret-sur-Mer (1894)
Otterlo (Kröller-Müller Mus.) : Vue de Montmartre (1887)
Paris (MNAM-CCI) : Portrait du peintre H.- E. Cross ; La Seine à Rolleboise
Paris (Mus. d'Orsay) : Etudes pour les usines près de Charleroi
St-Tropez (Mus. de l'Annonciade) : Côte près de la Citadelle, St Tropez