Portrait fauve français Art déco, huile sur papier marouflé sur toile par Auguste Chabaud. Le tableau est signé en bas à droite et porte une étiquette d'atelier, avec la date, au dos de la toile. Présenté dans un très beau cadre à plateau en bois personnalisé.
Le tableau est accompagné d'un certificat d'authenticité de l'expert Chabaud Monsieur Patrice Léoni.
Ce magnifique tableau présente un saisissant portrait de femme caractérisé par des formes audacieuses et simplifiées et une palette de couleurs sourdes. Le sujet est représenté assis, dans une posture droite, dégageant une impression de calme et de confiance. L'artiste utilise des coups de pinceau épais et expressifs pour définir les formes géométriques des vêtements et des traits de la femme. Sa tenue, une veste sombre structurée sur un chemisier clair, contraste fortement avec son cou et son visage lisses et allongés, soulignant l'élégance et la prestance. Ses bijoux en or, ses boucles d'oreilles et son bracelet, apportent des touches et des points d'intérêt supplémentaires pour l'œil. L'arrière-plan incorpore des teintes abstraites et chaudes, qui accentuent la présence austère du personnage. Notamment, les yeux sont dessinés de manière disproportionnée, ce qui ajoute un élément d'intrigue et de profondeur à son expression. Le tableau reflète un mélange d'influences modernistes, capturant une essence de sophistication intemporelle et de force discrète. La composition globale met en évidence l'habileté de l'artiste à fusionner simplicité et complexité psychologique, créant ainsi un récit visuel captivant.
Il s'agit peut-être d'une reprise de ses anciens portraits d'Yvette datant des années 1900. Les meubles de l'arrière-plan sont réputés être ceux de l'atelier de Chabaud.
Auguste CHABAUD est né à Nîmes le 3 octobre 1882.
À l'âge de quatorze ans, Chabaud entre à l'École des Beaux-Arts d'Avignon. En 1899, il se rend à Paris pour poursuivre sa formation artistique à l'Académie Julian et à l'École des Beaux-Arts. Il y rencontre Henri Matisse et André Derain. En 1900, il retourne brièvement dans le vignoble de ses parents dans le sud de la France avant de retourner à Paris.
En 1901, il est contraint de quitter à nouveau Paris pour assurer sa subsistance. Il a travaillé sur un navire et a appris à connaître la côte ouest-africaine. À son retour en 1907 et au cours des années suivantes, il se familiarise avec l'effervescence de la vie nocturne parisienne et la retranscrit dans ses peintures. Dans le quartier parisien de Montmartre, où il avait son Studio, il a peint diverses scènes de la vie parisienne et de la société des cafés.
Parallèlement, il continue à peindre la Provence et participe au Salon des Indépendants et au Salon d'Automne, où il expose avec les Fauves.
La phase cubiste de Chabaud débute en 1911, où il commence également à sculpter. Dans les années qui suivent, il fait de nombreuses expositions, notamment en 1913 à New York, où ses œuvres sont exposées aux côtés de celles d'artistes tels que Matisse, Derain, Vlaminck et Picasso.
Après son retour de la première guerre mondiale, Chabaud s'installe à Graveson. À partir de 1920, il connaît sa "période bleue". Il a utilisé le bleu de Prusse comme seule couleur dans ses œuvres. Dès lors, il se concentre exclusivement sur le sud de la France. Il a peint des scènes de la vie rurale, des paysans, des collines et des sentiers des Alpilles.
Une très importante rétrospective de son œuvre a lieu à Paris en 1952, ce qui lui donne l'occasion de revenir à Paris, qu'il avait quitté en 1914. Une autre rétrospective a eu lieu à Paris en 1965, à l'occasion du dixième anniversaire de sa mort.
Il est décédé en 1955 à Graveson.
En 1966, il est représenté à l'exposition "Le Fauvisme français et les débuts de l'impressionnisme allemand" qui se tient au Musée d'Art Moderne de Paris et à la Haus Der Kunst de Munich.
En 1992, le Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur a ouvert le Musée Auguste Chabaud en son honneur.