Jacques MARTIN (Villeurbanne 1844 - Lyon 1919)
Femme en bleu avec mandoline, vers 1915
Huile sur toile
73 × 59 cm
Timbre de vente de l'atelier au verso.
Non signé
Provenance
• Vente d'atelier, Me Bussillet, 20 avril 2020, lot 161
• Collection privée, France
Cette œuvre représente une jeune femme vêtue d'une robe bleue, assise dans un intérieur intime, tenant une mandoline. Le personnage, dont les traits du visage sont délibérément esquissés, se détache sur un fond sombre et vibrant construit par des coups de pinceau superposés, larges et colorés. Ici, l'artiste privilégie la sensation picturale à la description, laissant la texture et la couleur structurer l'espace.
La palette, dominée par des bleus profonds égayés de blancs éclatants, d'ocres et de touches chaudes, révèle une exploration chromatique particulièrement raffinée. L'application épaisse et expressive de la peinture, caractéristique du style tardif de Jacques Martin, confère à l'œuvre une forte présence et une modernité sensible, proche de l'esthétique post-impressionniste typique de la peinture lyonnaise du début du siècle. Le sujet du musicien, hérité de la tradition de la peinture de genre, est traité ici avec retenue et poésie, dans une atmosphère silencieuse et méditative.
Peintre autodidacte d'abord formé comme ingénieur à l'École centrale de Lyon, Jacques Martin développe à partir des années 1880 une œuvre libre et profondément personnelle, fondée sur la couleur, la lumière et la texture. Encouragé par François Vernay et influencé par Renoir, il occupe une place unique dans la vie artistique lyonnaise, qu'il contribue à renouveler en cofondant le Salon d'Automne de Lyon en 1904.
Pierre Puvis de Chavannes, l'un de ses premiers admirateurs, a écrit sur lui :
"M. Jacques Martin est la fierté de la peinture lyonnaise contemporaine. Ceci, dont personne ne doute aujourd'hui, a longtemps été considéré comme un paradoxe. (...)"
À sa mort en 1919, le musée des Beaux-Arts de Lyon lui consacre une rétrospective et le musée du Luxembourg acquiert une de ses toiles. Aujourd'hui, ses œuvres sont notamment conservées au musée des Beaux-Arts de Lyon, au musée Paul-Dini de Villefranche-sur-Saône, au musée Picasso d'Antibes et au musée des Beaux-Arts de Chambéry.
L'œuvre est répertoriée dans le Catalogue de l'atelier du peintre Jacques Martin, publié à l'occasion de la vente posthume de son atelier qui s'est tenue à Lyon les 20 et 21 avril 1920, sous le numéro 161, intitulé Femme en bleu à la mandoline.