Maurice Milliere (1871-1946)
Un artiste dans son Studio,
signé en en bas à droite
huile sur toile
46 x 27 cm
encadré : 52 x 33 cm
Il est particulièrement intéressant de voir Maurice Millière travailler dans un genre très différent de celui pour lequel il est le plus connu : la représentation de jeunes parisiennes. Ce portrait unique montre Millière sous un jour plus original et plus intrigant. Elle capture un peintre dans son Studio, créant une scène avec divers détails : des toiles sur le sol à droite, un châssis sur des tréteaux et même des chaussures qui devaient être assez frappantes à l'époque. Le peintre semble faire une pause pour fumer et poser pour Millière.
Il existe une réelle complicité entre les deux artistes. Mais en même temps, tout dans ce tableau est soigneusement choisi et composé, comme l'admirable fond rouge sur lequel se détache le modèle.
Combinant des éléments d'un portrait et d'une scène de studio, l'intention du peintre était de créer une pièce unique qui rende hommage au lien entre les deux artistes.
Maurice Georges Louis Millière est né au Havre en 187. Il est issu d'une famille ouvrière du Havre, son père étant vendeur chez un négociant.
Millière commence par étudier la peinture à l'École des Beaux-Arts du Havre. Il s'installe à Paris en 1889 et s'inscrit à l'École des Arts Décoratifs, tout en participant à certains ateliers de l'École des Beaux-Arts.
Ses premiers travaux graphiques notables sont des affiches et des partitions pour des sociétés telles que Le Boulch et Le Divan Japonais (1899).
À partir de 1917, il publie de nombreuses représentations de femmes peu vêtues : d'abord dans Fantasio (1917), puis dans Bagatelles, La Vie parisienne, Le Frou-frou, Le Sourire, Le Gai-Paris, etc.
Fin 1920, il rejoint la République de Montmartre, une association caritative.
Contemporaines de celles de Louis Icart, ses "petites femmes" connaîtront un grand succès hors de France : dans les années 1920, des périodiques américains reprennent ses créations, ainsi que celles de Suzanne Meunier et de Georges Léonnec, autres artistes qui dessinent des figures féminines associées au "Gai Paris", c'est-à-dire au quartier de Montmartre et à ses nombreux cabarets. Les petites femmes de Millière sont une source d'inspiration pour Alberto Vargas et Enoch Bolles, précurseurs du "style pin-up".
Ces femmes apparaissent également sur des cartes postales, des affiches, des menus, etc. Une partie de cette production, certes érotique, est consacrée à des représentations beaucoup plus osées et est donc commercialisée discrètement : il s'agit d'aquarelles représentant des femmes dominatrices se livrant à la flagellation, qui ont connu un grand succès en Angleterre.
Il séjourne aux Antilles, où il dessine et peint des tableaux, notamment des femmes antillaises. Plusieurs de ces œuvres ont été exposées dans les salons de la Société Nationale des Artistes Français et de la Société Coloniale des Artistes Français. Il a illustré un livre publié en 1929, Madinina "Reine des Antilles" : étude de mœurs martiniquaises. En août 1930, il a été fait chevalier de la Légion d'honneur pour service colonial.
L'année suivante, il expose ses peintures au Salon des Artistes Français et ses dessins au Salon des Humoristes.
Il est décédé le 5 avril 1946 à Yport.