Gravure de Madame Knip représentant le pigeon couronné (Columba Coronata), tirée de l'ouvrage *Les Pigeons*
Cette gravure de grand format, imprimée en couleur et retouchée à la main, représente le pigeon couronné occidental de Nouvelle-Guinée, dont le nom français « Colombi-Galline Goura » et le nom linnéen « Columba coronata Lath. » figurent sous l'image. Cette planche est tirée de *Les Pigeons*, le célèbre folio parisien publié en quinze livraisons entre 1808 et 1811, dont les oiseaux ont été peints par Pauline Knip, née de Courcelles, et dont le texte a été rédigé par le zoologiste néerlandais Coenraad Jacob Temminck.
L'oiseau se tient sur un rebord rocheux moussu, sa crête spectaculaire en forme d'éventail, composée de plumes bleu pâle aux contours dentelés, se dressant au-dessus d'un corps d'un bleu ardoise profond ; son aile est ornée d'une tache d'un marron foncé intense et d'une bande blanche. Gravée par Jean César Macret d'après le tableau de Knip et imprimée en couleurs par l'Imprimerie de Millevoy, la feuille a ensuite été retouchée à la main, un processus laborieux qui confère au plumage une luminosité et une profondeur que la coloration manuelle à plat ne permet pas d'obtenir.
La gravure est montée à fleur dans un passe-partout blanc et un cadre en bois doré de qualité galerie, protégée par un verre de conservation Tru Vue filtrant les UV afin de préserver les pigments.
D'autres planches issues de la même publication, encadrées dans le même style, sont disponibles.
Dimensions
Hauteur du cadre : 28¾ pouces (73,0 cm)
Largeur du cadre : 21¾ pouces (55,3 cm)
Profondeur du cadre : 1¼ pouces (3,2 cm)
Hauteur de visée : 20¾ pouces (52,7 cm)
Largeur visible : 13¼ pouces (33,7 cm)
Inscriptions
Sous l'image, on peut lire en cursive « Colombi-Galline Goura », et en dessous, en majuscules, « COLUMBA CORONATA Lath. ». Inscription dans la marge inférieure, à gauche : « Pauline de Courcelles Fem. » « Knip Pinx », au centre « de l'Imprimerie de Millevoy », et à droite « César Macret sculp. »
Provenance
Earle D. Vandekar, de Knightsbridge
Condit
En bon état d'époque, les couleurs, travaillées à la main, sont vives et éclatantes, et l'image est nette. La feuille a conservé ses larges marges et ses bords frangés ; elle présente un léger pli horizontal dans la partie supérieure, un léger gondolage accompagné d'une petite déchirure sur le bord droit, de petites taches de rousseur éparses, ainsi que quelques taches brunes et un léger jaunissement le long du bord supérieur.
Références
Coenraad Jacob Temminck et Pauline Knip, *Les Pigeons* (Paris, 1808-1811).
Edward C. Dickinson, Normand David, Leslie K. Overstreet, Frank D. Steinheimer et Justin Jansen, « Histoire naturelle des pigeons ou Les pigeons : Coenraad Jacob Temminck contre Pauline Knip », Archives of Natural History 37, n° 2 (2010), p. 203-220.
Alexandra K. Neuman, « Édition, apparences et pigeons : le cas de Madame Knip », Smithsonian Libraries and Archives, 31 mars 2017.
Contexte historique
« Les Pigeons » est aussi célèbre pour son scandale éditorial que pour ses gravures. Temminck, qui comptait alors parmi les plus grands ornithologues d'Europe, chargea Knip de peindre les oiseaux et, résidant à Leyde, lui confia la supervision de la gravure et de l'impression en couleurs à Paris. Récemment présenté à la cour et nommé peintre d'histoire naturelle de l'impératrice Marie-Louise, Knip profita de cette fonction pour faire figurer son propre nom en premier sur la page de titre accompagnant les derniers volumes publiés en 1811, supprimant ainsi l'introduction de Temminck et la remplaçant par une dédicace à l'impératrice. Temminck ne trouva guère de soutien auprès d'une presse peu encline à s'opposer à un favori de l'empereur et republia son texte séparément entre 1813 et 1815 ; depuis, les taxonomistes lui attribuent les noms de ces nouvelles espèces. Ces planches n'ont jamais été remises en cause et comptent toujours parmi les plus belles illustrations d'oiseaux jamais réalisées.
(Réf. : NY09698-08)