Cercle de Benedetto da Maiano (Maiano, 1442 - Florence, 27 mai 1497)
La Vierge à l'Enfant
Terre cuite et feuille d'or, 67 x 37 x 23 cm
Cette sculpture raffinée et élégante en terre cuite représentant la Vierge à l'Enfant, d'inspiration clairement florentine et datant de la seconde moitié du XVe siècle, peut être attribuée à l'atelier de Benedetto da Maiano (1442-1497).
Benedetto da Maiano, également connu sous le nom de Benedetto di Leonardo, était un architecte et sculpteur italien. Sa formation artistique s'est achevée au sein de sa famille, grâce aux conseils de son père, le sculpteur Leonardo d'Antonio, et à ses contacts avec ses deux frères, Giuliano da Maiano et Giovanni. Il a débuté sa carrière artistique en tant que sculpteur, notamment dans le domaine de la sculpture sur bois, et cette technique lui a rapidement valu une grande renommée, au point qu'il a été chargé de décorer les plafonds du Palazzo Vecchio à Florence. Dans les années 1470, il fut l'un des sculpteurs les plus sollicités à Florence, grâce à son style souple et harmonieux, où se mariaient avec justesse naturalisme, idéalisations et virtuosité technique. Il reçut d'importantes commandes, notamment des bustes destinés à l'aristocratie de la ville, parmi lesquels se distinguent ceux de Pietro Mellini (1474) et de Filippo Strozzi (1476). Dans le milieu artistique florentin, Bernardo jouissait sans aucun doute d’une grande estime ; c’est ce que laisse également entendre Vasari qui, en le citant à plusieurs reprises, le présente comme l’un des meilleurs et des premiers artisans de notre art à prendre part à de magnifiques débats et discussions d’une grande importance.
Cette sculpture apparaît comme un véritable modèle de la culture figurative élégante et érudite de la Renaissance, ce qui transparaît particulièrement dans la décoration raffinée du manteau de la Vierge, bordé de feuilles d’or, dans le modelé à la fois monumental et délicat des personnages, dans la douceur du visage de la Vierge et dans la perspective délicate de la tête de l’Enfant. La sculpture présente une structure pyramidale sobre et posée, aux formes pleines et raffinées, au modelé souple et extrêmement raffiné, ainsi qu’à la couleur chaude de la terre cuite d’une texture très fine. La Vierge, vêtue d’une robe à manches longues recouverte d’un manteau, tient délicatement l’Enfant, qui pose à son tour sa petite main sur celle de sa mère, dans un geste d’un grand naturel qui témoigne d’une élégante intimité, caractéristique des Vierges à l’Enfant réalisées à Florence vers la fin du XVe siècle. Les doigts de la Vierge, posés sur le corps de son Fils, en pressent la surface, en creusant la peau délicate, créant ainsi un effet sincère et vibrant. On peut établir une série de comparaisons avec la grande Vierge de l'Olivier conservée dans la cathédrale de Prato (qui reprend les gestes et les mouvements de la sculpture étudiée), ainsi qu'avec la Vierge à l'Enfant de l'Archiconfrérie de la Miséricorde de Florence (dans la grande salle des chefs de garde). En ce qui concerne les traits, on observe un traitement similaire des surfaces sur le buste de saint Jean l'Enfant conservé à l'Honolulu Academy of Arts, à Honolulu (n° d'inv. 2298.1 ; Hawaï, États-Unis).
On pourrait encore citer d'innombrables œuvres plus ou moins étroitement liées à Bernardo et à son atelier, présentes dans des églises et des collections, notamment en Toscane, ainsi que dans diverses collections d'Europe et d'Amérique. Il convient de rappeler que bon nombre de ses œuvres ont été perdues : on en a connaissance non seulement grâce à Vasari, mais aussi, de manière plus fiable, grâce à l’inventaire des marbres, pierres, figures et objets divers qui se trouvaient dans son atelier de la via de' Servi, dans un lieu dit « il Castellaccio », repris par la suite par Leonardo del Tasso.
En définitive, Benedetto da Maiano apparaît comme une figure éminente de la culture florentine de ces trente dernières années du XVe siècle. Ses lignes raffinées et élégantes, associées à un souci minutieux du détail descriptif, ont su influencer un large cercle d'artistes gravitant autour de sa personne. Partant de la source pure de l'art de Rossellini, il a cherché à donner à ses personnages une vie plus intense et plus dramatique, et à ses formes une plus grande ampleur.