Signé A. D.
Magnifique ensemble de quatre appliques à six lumières en bronze ciselé et doré, formant deux paires. Chaque applique est composée d'un élément terminal en forme d'herme, se terminant par une riche cascade de feuilles d'acanthe, d'où émerge une tige délicate ornée de feuillage et se terminant par un motif de graine.
Les appliques masculines représentent un homme barbu à la musculature puissante, la tête tournée vers le haut dans une posture dynamique. Une peau d'animal lui recouvre le torse, telle une écharpe. Cette iconographie (la force, la barbe et la peau d'animal évoquant la « leonté », c'est-à-dire la peau du lion de Némée) fait clairement penser au personnage mythologique d'Hercule.
Son pendant représente une figure féminine au profil classique, dont les cheveux sont relevés en un chignon sophistiqué de style antique. Elle porte également une peau d'animal drapée sur sa poitrine. Ce personnage représente très probablement Omphale, reine de Lydie, avec laquelle Hercule a échangé ses attributs. Ces figures sont placées sous une arche ornée de feuilles de vigne et de grappes de raisin, et soutiennent des montants en volutes d’où jaillissent trois bras porte-lumières rehaussés de motifs d’acanthe, se terminant par des bougeoirs ornés de motifs de feuilles d’eau.
Biographie :
Une fabrique de bronze existait au XVIIIe siècle, dirigée par Jean-Baptiste Maximilien Delafontaine, maître fondeur né en 1750. Son fils Pierre Maximilien (1774-1860) lui succède. La fabrique est d'abord domiciliée au 13 rue d'Orléans puis, à partir de 1824, au 10 rue Neuve-de-l'Abbaye. Dans les années 1840, c'est Auguste Maximilien Delafontaine qui est à sa tête au 46, rue Bonaparte, puis au 10, rue de l'Université en 1870. La période la plus fructueuse de l'entreprise correspond à sa direction. Éditeur, il confie l'exécution des bronzes à la fonderie Molz, rue de Rennes. Reprenant les contrats signés par Duret avec le fondeur Up&Up, il publie vers 1855, entre autres, Le Danseur napolitain, Le Vendangeur improvisant, Jeune Pêcheur dansant la tarantelle, La Tragédie, La Comédie. Son catalogue de "bronzes d'art et d'ameublement" propose des œuvres d'autres artistes dont Pradier, des reproductions de statues antiques et divers objets d'art et d'ameublement. Lors de la vente qui suivit la mort de Barye en 1876, il acheta un certain nombre de modèles, notamment des chiens, dont il fit quelques éditions. L'activité est poursuivie par son propre fils Henri-Maximilien (?-1932) à partir de 1884, jusqu'à la fermeture de l'entreprise en 1905.