Magnifique statue féminine représentant Judith, en bronze à la patine brune et en marbre blanc de Carrare. Cette jeune femme tient entre ses mains, tendues au-dessus de sa tête, un cimeterre dans son fourreau, prête à le dégainer. L'arme est dotée d'une poignée ornée d'un lion stylisé au sommet de la garde, surmontée d'un scarabée égyptien aux ailes déployées. Le visage, sculpté dans du marbre blanc, aux traits doux et aux yeux mi-clos, regarde vers le bas en direction du spectateur ; il est surmonté de deux tresses qui se rejoignent à l'arrière de la tête, le tout étant entouré d'un bandeau orné de piastres dorés. Le libérateur, se balançant légèrement, est vêtu d'une tunique ample de couleur bronze et d'un drapé de style antique, rehaussés d'une ceinture ornée d'un scarabée aux ailes déployées. Le bas de la tunique est orné de motifs végétaux stylisés, laissant entrevoir ses sandales.
La sculpture repose sur un socle en marbre rouge de Vérone, l'ensemble étant posé sur une colonne cannelée en serpentine de Florence, dotée d'un chapiteau rectangulaire et d'une base circulaire moulurée.
Hauteur de la statue : 166 cm (65,35 pouces) ; Hauteur avec le socle : 268 cm (105,5 pouces) ; Largeur : 85 cm (33,46 pouces) ; Profondeur : 57 cm (22,44 pouces)
Bien qu'à notre connaissance, n'importe quelle figure masculine puisse y être associée, cette sculpture symboliste a pour thème Judith et Holopherne. En effet, Judith, une jeune veuve d’une beauté extraordinaire, désireuse de sauver sa ville assiégée par le général assyrien, décide de le décapiter après l’avoir charmé et enivré. La figure de Judith, qui, dans notre sculpture, associe plusieurs éléments stylistiques du bassin méditerranéen, tels qu'un scarabée égyptien, un cimeterre ottoman, un bandeau caucasien et une tunique d'inspiration grecque, est représentée avant la mort du général, dans une attitude de contemplation. Cette évocation stimule notre imagination et nous invite à un voyage à travers les civilisations.
Travaillant principalement le marbre, Ezio Ceccarelli s'est également essayé au bronze et à d'autres matériaux, comme en témoignent notre sculpture « Giuditta », datant de 1900 environ, et cette tête de femme casquée, datant de 1905 environ. Ce dernier représentait des yeux mi-clos dans une attitude introvertie, conférant une grande délicatesse et une grande plénitude à ce visage idéalisé, un principe que l'on retrouve également dans le buste « Ecce Homo » de 1899.
Cet engouement pour les sculptures polychromes et le mélange des matériaux peut être mis en relation avec les recherches menées en France par le sculpteur Louis-Ernest Barrias (1841-1905), dont la célèbre œuvre « La Nature se dévoilant », datant de 1899 et aujourd’hui conservée au musée d’Orsay, visait à faire revivre les découvertes archéologiques sur la polychromie des sculptures de la Grèce antique, ou à rivaliser avec leurs sculptures chryséléphantines sur le plan esthétique.
Biographie :
Ezio Ceccarelli (1865-1927), né à Montecatini Val di Cecina, était un sculpteur italien qui a commencé son apprentissage à l'Académie Rivalta et Bortone de Florence, ville qu'il aimait particulièrement, avant de devenir lui-même professeur à l'École des arts industriels de Volterra. Outre ses activités d'enseignement, il a fondé un atelier de sculpture à Florence, où il accueille aussi bien des étudiants que des collaborateurs. Grâce à cet atelier et à la notoriété qui en a découlé, il a participé à de nombreux concours, notamment celui de la statue du roi Carlo Alberto à Rome, remportant le premier prix Curlendese à Bologne en 1899 et, surtout, la médaille d'or pour sa statue « Ecce Homo » lors du concours grégorien à Rome. Sa virtuosité et sa renommée se sont répandues aux quatre coins du monde grâce à sa participation à de nombreux concours internationaux, notamment ceux de Liège, Copenhague et Athènes. Il a représenté l'Italie à l'Exposition universelle de Paris, une expérience qu'il a renouvelée en 1904.
Fort de ce succès, il a sculpté ou conçu plusieurs sculptures publiques pour des villes italiennes, notamment un Garibaldi pour Massa en 1905, un Carlo Montanari pour Vérone et un Christophe Colomb pour La Plata, en Amérique du Sud.
Bibliographie :
A. Panzetta, Dictionnaires des sculpteurs italiens du XIXe siècle, Turin, éd. Umberto Allemandi, 1994.