Vase en céramique émaillée de Jean Maubrou.
Signature de l'artiste sous la base. Circa 1940.
H : 13.9 x 10.2 pouces.
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Elève de LACHENAL, Jean MAUBROU s'installe à Saint-Amand vers 1923 à La Bertille, dans l'ancien Studio de CARRIÈS, dans le haut du Faubourg des Poteries.
Il a ensuite construit un autre atelier un peu plus bas, sur le site d'une briqueterie appartenant à son père, où se trouve aujourd'hui l'école de poterie (CNIFOP). Il s'est d'abord concentré sur la production commerciale : la céramique de faïence, dont il a été l'un des pionniers à Saint-Amand.
Cette production (vases, services à café et à thé, petits pots pour cactus ou plantes), qui le fait vivre, lui permet à partir de 1945 environ de se consacrer à des créations plus artistiques en grès, principalement des pièces uniques. Il a également été le premier à utiliser un four électrique, dès 1948, pour la production de céramique.
En ce qui concerne le grès, un grand four rond de 7-8 m³, construit par Lucien ARNAUD, était utilisé pour ses cuissons au bois. Ses travaux ont été interrompus en 1939 avec l'éclatement de la guerre. Il est mobilisé et, comme beaucoup de ses concitoyens, fait prisonnier en Allemagne. Des problèmes de santé entraînent son rapatriement avant la fin de la guerre, et il reprend son activité de potier après une période de convalescence.
Entre-temps, il avait loué ses ateliers à Pierre PIGAGLIO, né en 1913, qui poursuivait la production commerciale de céramiques à côté de ses propres créations en grès. Jean MAUBROU forme plusieurs élèves dont trois restent à Saint-Amand : Jean GAUBIER, qui s'installe un peu plus loin dans le Faubourg des Poteries ; Adrien LACHENY, qui installe avec ses frères un atelier sur la Route des Thus ; et Georges ROBIN, qui reprend l'atelier de Maubrou.
En novembre 1951, il expose à la Galerie Sèves à Montparnasse et rencontre un grand succès, ce qui lui vaut une reconnaissance officielle. Un vase a été acquis par le ministère des Arts et des Lettres pour décorer le salon d'une ambassade.
Ses grès, de facture assez lourde mais très bien tournés et finis, étaient recouverts de superbes glaçures, principalement trois : un rouge cuivré virant au vert ou au turquoise selon l'atmosphère du four, un crème soyeux parfois agrémenté de cristallisations, et un noir satiné.
Tous ont été légèrement salés à l'aide de petites coupelles de sel qui, sous l'action du feu, produisent des effets incomparables.
En janvier 1957, après avoir cédé son atelier à Georges ROBIN, il se retire avec son épouse à Cosne-sur-Loire, où il décède en 1965.
Source : Grès de Puisaye - de Jean Carriès à nos jours - Marques & signatures, Emmanuel NESLY, 2026.