POUR LES COLLECTIONNEURS DE LIVRES RARES, LES SPÉCIALISTES DE PARIS, LES CHERCHEURS EN COMMUNICATION, LES AMATEURS DE PRESSE ÉCRITE ET LES AMOUREUX DE PARIS ET DE SON HISTOIRE, EN PARTICULIER : LES LIENS FRANCO-AMÉRICAINS, QU'ILS SOIENT LITTÉRAIRES OU JOURNALISTIQUES.
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Le magazine « Paris Metro », un journal à format tabloïd paraissant tous les quinze jours (deux fois par mois) et s'inspirant des anciens journaux « underground » américains de l'époque, a connu une existence effervescente et spectaculaire de juin 1976 à décembre 1978.
Son influence auprès des connaisseurs français était alors considérable. Les cinéastes, les designers et les intellectuels français étaient captivés. Ce n’était pas tout à fait le cas du gouvernement : le téléphone du *Metro* était parfois mis sur écoute, sans doute en raison d’articles critiquant les systèmes de santé et de téléphonie français, articles qui faisaient l’objet d’une analyse minutieuse de la part de ce jeune groupe d’écrivains passionnés, tous néanmoins éperdument amoureux de la vie parisienne.
Fondé par trois journalistes américains formés à la Columbia School of Journalism et ayant auparavant travaillé pour Time Life, Business Week et d'autres magazines de l'époque, notamment New Times et New York Magazine, ce magazine proposait un journalisme et des analyses de grande qualité, ainsi qu'une bonne dose d'enquêtes, souvent approfondies. En effet, on lui attribue le mérite d'avoir introduit en France la notion même de journalisme d'investigation.
Installé dans un hôtel particulier du XVIIe siècle, dans le Marais, alors méconnu et à l'abandon, le Metro est devenu un véritable pôle d'attraction pour les talents. Plusieurs membres du personnel et collaborateurs ont par la suite acquis une grande notoriété et une renommée considérable, parmi lesquels Craig Unger, auteur à succès d’ouvrages d’investigation politique, Roger Cohen, correspondant et chef de bureau hors pair du *New York Times*, ainsi que Joel Stratte-McClure, randonneur de renom et auteur de la trilogie *The Idiot and the Odyssey*.
Plus qu'un simple magazine — un peu comme le National Lampoon —, il est devenu un mouvement, un lieu qui attirait les foules, une idée et, pendant quelques années, une véritable icône. Karl Lagerfeld, qui en était l'un des premiers admirateurs, figurait sur l'une des couvertures ; Henry Miller, sur une autre, dans un numéro qui contenait l'une de ses dernières interviews.
De nombreux designers, grands chefs et galeries d'art ont réalisé des invitations pour le Metro. Cela a eu un certain poids, et le champagne a coulé à flots. Le propriétaire d'un grand quotidien (Le Matin) lui a prêté de l'argent alors qu'il traversait une crise de trésorerie, un geste sans précédent. On l'a adoré.
La cour du Metro a attiré un flot de visiteurs talentueux. Jann Wenner, de Rolling Stone, a reçu la visite impromptue du poète beat Gregory Corso. Pour les acteurs, les écrivains, les photographes et les cinéastes avertis, la cour du métro parisien est devenue un lieu incontournable de Paris.