Camille MERLAUD
(Verteillac, 1877-1957)
Chiens d'arrêt
Huile sur panneau
H. 22 cm ; L. 33 cm
Signé en bas à gauche. Daté de 1909
Provenance : collection privée, Périgord/Charente
Né à Verteillac, au cœur du canton de Ribérac, Camille Merlaud reste dans les mémoires du Périgord non seulement comme peintre et dessinateur amateur, mais aussi comme musicien. Il semble avoir commencé à peindre dès son plus jeune âge, puisque plusieurs de ses œuvres connues datent des années 1890 et sont réalisées dans un style figuratif très simple. C'est à l'époque de la Première Guerre mondiale que l'on dispose du plus grand nombre d'informations sur Merlaud et ses œuvres, qui se composent principalement de portraits et de scènes de tranchées françaises. Au cours de cette période, il a été mobilisé et s'est rendu au front en tant que sergent-major, ou « chef de fanfare ». Il a insufflé de la vie au rythme derrière les tranchées en organisant des concerts sur la ligne de front, auxquels participaient des dizaines de musiciens. Engagé dans l'Armée territoriale au sein du 93e régiment de Périgueux, il a également servi comme infirmier pendant le conflit. Les œuvres de cette période, que l'artiste offrait ou vendait régulièrement, apparaissent souvent sur le marché de l'art.
Inspiré par sa région natale, Camille Merlaud a représenté, tout au long de sa carrière, des images de la campagne et des gens qui lui donnaient vie. Des paysans menant leurs bœufs pour labourer les champs ou faire les foins, cassant des noix près du cantou tandis qu’une paysanne file la laine sur son rouet — sans parler de ses représentations des paysages de la Dronne et de l’Isle. Véritable témoignage de la vie rurale, les scènes champêtres du peintre lui ont valu la Médaille du mérite agricole. Camille Merlaud, profondément passionné par son art, a exposé dans plusieurs salons d'art européens, tels que le Salon des Indépendants à Paris, et est bien sûr resté un fidèle participant au Salon de Périgueux. Il est mort, comme il l'avait souhaité, seul, dans son studio de Verteillac, où sa famille possède toujours le grand magasin orné de l'enseigne caractéristique portant le nom de cet artiste passionné.
Le sujet que nous vous présentons aujourd’hui est une rareté dans l’œuvre de Merlaud. En effet, on croise régulièrement des bœufs attelés, mais les chiens sont pratiquement absents de son œuvre — surtout dans un thème comme le nôtre, qui nous rapproche d’auteurs habitués à la chasse tels que Léon Danchin. Sans aucun doute un Pointer et un Setter, ces chiens sont en train de pointer dans une lande, d’où une perdrix ou une bécasse s’envolera bientôt, attendant son sort au bout du canon du fusil du chasseur.